Aller au contenu principal
ING s'en sort à l'amiable
ING Belgique a payé une transaction pénale de 1,6 million d'euros dans le cadre de l'affaire Reynders. L'ex-commissaire européen est soupçonné d'avoir effectué d’importants dépôts en liquide et multiplié les achats de billets de loterie.
5 mai 2026
Paragraphe actualités

Le 5 mai 2026, le parquet de Bruxelles l'a confirmé : ING Belgique a payé une transaction pénale de 1,6 million d'euros dans un dossier ouvert à charge de la banque en marge de l'affaire entourant l'ancien président du MR, ex-ministre et ex-commissaire européen Didier Reynders.

Un chèque signé, des poursuites éteintes, et l'affaire est classée. Plus d'un million d'euros de flux suspects sont passés sous le radar pendant des années. Entre 2001 et 2017, 245 dépôts en liquide pour un total de 836 500 euros, et 779 transferts créditeurs e-Lotto pour un total de 202 491 euros au nom de Didier Reynders ont transité par ING Belgique sans qu'aucune alerte ne soit transmise à la cellule de traitement des informations financières.

Ce n'est qu'en décembre 2023 que la banque a finalement signalé ces transactions à la Cellule de Traitement des Informations Financières (CTIF), chargée d'analyser les faits et les transactions financières suspectes de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme.

Pourquoi si tard ? Nous ne le saurons probablement jamais. Car en payant sa transaction pénale, l’action publique s’arrête. Il n’y aura ni instruction, ni audience publique, ni condamnation. En avril 2025, la Banque nationale de Belgique avait en effet dénoncé une possible infraction dans le chef d’ING : ne pas avoir signalé ces transactions suspectes. Pour le procureur du Roi, l’enquête confirme les faits avancés par la Banque nationale. Il propose alors une transaction pénale, que ING accepte. Résultat : les poursuites pénales à l'encontre d'ING sont arrêtées. Une transaction pénale n’est même pas juridiquement un aveu de culpabilité.

Le montant versé par ING correspond au maximum prévu par le Code pénal pour blanchiment d'argent. On peut aussi comprendre la volonté d’accélérer les procédures et désengorger les tribunaux saturés. Mais cette affaire ne concerne pas qu'ING ni que Reynders. Elle interroge la crédibilité du secteur bancaire et la capacité de nos institutions à traiter tout le monde à égalité. Le procureur du Roi a d'ailleurs rappelé que le blanchiment d'argent ne peut être combattu sérieusement qu'à condition que les institutions bancaires respectent leurs obligations anti-blanchiment sans privilège et quel que soit le statut du·de la client·e. ING indique vouloir désormais « aller de l’avant en nous concentrant pleinement sur les intérêts de nos clients et de la banque ». Avec une transaction pénale qui représente moins de 0,2 % de son bénéfice en 2025, elle devrait pouvoir le faire sans encombre.

 

Lire aussi

Depuis 2012, pour nous éviter d’emprunter auprès d’une banque et préserver ainsi notre indépendance, Financité fait en effet régulièrement appel à ses membres et sympathisant·e·s en leur proposant de souscrire des obligations.
ING Belgique a annoncé qu’elle offrira quatre actions ING Group, soit près de 120 euros, à 10 000 jeunes qui atteignent 18 ans en 2026. La banque présente l’opération comme une initiative d’éducation financière. Pour Financité, il s’agit…
La Cour de justice de l'Union européenne a tranché jeudi : une banque ne peut pas refuser de rembourser immédiatement une victime de hameçonnage.
Les monnaies locales et citoyennes l’Épi Lorrain et l’Ardoise s’intègrent officiellement au réseau de prestataires du plan provincial de gestion des situations d’urgence.

RECEVEZ TOUTES NOS ACTIVITES EN VOUS INSCRIVANT A NOS NEWSLETTERS