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L'alibi du colibri
Et si « faire sa part » ne suffisait plus ? Avec « L’alibi du colibri », Anne Lejeune invite à repenser l’écologie comme un projet collectif.
28 novembre 2025
Paragraphe actualités

C’est dans le cadre du festival Nourrir Namur et la convivialité de La Casserole, un espace autogéré de créativité, de solidarité et de luttes joyeuses, qu’Anne Lejeune a présenté sa conférence gesticulée « L’alibi du colibri ». Le lieu, engagé dans la construction d’un monde post-capitaliste, féministe et écologique, était l’endroit idéal pour cette rencontre à la fois drôle, lucide et profondément humaine. Avec son énergie communicative et son franc-parler, Anne a invité le public à « dézoomer » pour mieux comprendre nos façons d’agir face aux crises sociales et climatiques.

S’inspirant de la célèbre légende du colibiri, ce petit oiseau qui « fait sa part » en déposant, goutte après goutte, de l’eau sur l’incendie, Anne Lejeune revisite le mythe pour y déceler ses paradoxes. Derrière l’image inspirante, elle dévoile une question plus dérangeante : à force de vouloir être « quelqu’un de bien », ne risque-t-on pas de s’épuiser ? Et surtout, à force de « faire sa part », ne finit-on pas par oublier de se demander : à qui profite le crime ?

Sa conférence gesticulée, ce croisement vivant entre le théâtre et la réflexion politique, mêle récit intime, humour et analyse sociale. Anne y partage ses contradictions, ses colères et ses doutes, tout en donnant chair à une réflexion plus large sur l’épuisement militant, la quête de cohérence et les impasses d’une écologie réduite aux gestes individuels. Avec un art du décalage réjouissant, elle rappelle que ces petits gestes comptent mais ne suffisent pas : pour changer le monde, il faut aussi changer le cadre. Car les institutions, les politiques publiques et les logiques économiques influencent bien davantage nos comportements qu’on ne veut parfois le croire. Durant sa conférence, elle nous invite à repenser la durabilité non comme une somme d’actes vertueux, mais comme un projet politique, collectif et émancipateur.

La soirée s’est prolongée par un échange animé par Attac, Canopéa et Financité, autour des Saisons de l’engagement, un outil conçu par Écotopia pour aider chacun et chacune à trouver son propre rythme militant. Entre philosophie, alimentation durable et luttes sociales, les discussions ont esquissé un horizon commun : celui d’une transition écologique qui dépasse les injonctions individuelles et s’ancre dans le collectif, la solidarité et la démocratie.

En somme, « L’alibi du colibri » n’est pas qu’une conférence : c’est un électrochoc doux, une invitation à sortir du « développement personnel vert » pour réinvestir le champ du commun.

 

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