L'accès à un crédit social adapté

L'offre de crédit, qui est le fait des banques mais aussi d'entreprises non bancaires, a fortement évolué ces dernières années.

Il en résulte que certains besoins de crédit ne sont pas adéquatement satisfaits, en particulier ceux des ménages à faibles revenus, disposant de peu de garanties.

Pour y remédier, des initiatives, sous les appellations « crédit social » et « microcrédit », se font jour. Nous les désignons collectivement par le vocable « crédit socialement responsable ».

Les évolutions de ces dernières années

Crédit à la consommation

Dans ce domaine, les tendances suivantes se dégagent :

  • l'élargissement des publics cibles (les organismes de crédit se tournent vers les ménages à revenus modestes) et la standardisation de l'offre (l'ouverture de crédit – le plus souvent à durée indéterminée et assortie d'une carte dont l'utilisation se fait en grandes surfaces – devient presque un produit unique, jugé plus rentable par les prêteurs que les crédits à terme fixe);
  • l’évolution des critères d'octroi du crédit vers une logique de masse. La décision d'accorder ou non un crédit est déterminée par des corrélations statistiques entre les défaillances observées pour certaines catégories d'emprunteurs et certaines variables socio-économiques. Et, parmi ces variables, la permanence du pouvoir d'achat semble bien être devenue le critère prioritaire. Avec, pour conséquence, une attention moins grande accordée à la solvabilité et une importance accrue donnée à la stabilité;
  • une augmentation significative des défaillances internes et externes, relatives aux ouvertures de crédit.

Crédit professionnel

On observe : 

  • la standardisation de l'offre et la perte de pouvoir local d'appréciation. L'agent bancaire local ne peut plus sortir de sa gamme de produits – au sein de laquelle la part prise par les crédits de caisse, c'est-à-dire les crédits les plus chers et les moins bien formatés pour un besoin spécifique, tend à augmenter. Il dispose, au demeurant, de moins en moins de pouvoir décisionnel, en sorte que la connaissance qu'il avait de sa clientèle – et qui pouvait éventuellement jouer en faveur de celle-ci – n'est plus complètement utilisée;
  • des critères d'octroi du crédit toujours plus conservateurs. Les dispensateurs de crédits regardent de moins en moins ce que l'entreprise vaut intrinsèquement en termes de potentiel de marché et de plus en plus ce qu'elle a acquis. En sorte que l'approche « crédit » devient toujours plus conservatrice. En effet, le monde bancaire ne dispose pas des compétences nécessaires pour mettre en œuvre une méthode de collecte de l'information et utiliser des critères d'analyse du risque spécifiquement adaptés à la micro-entreprise.

Il en résulte que certaines personnes n'ont pas accès au crédit.  Cette inadéquation de l'offre de crédit aux besoins pose un problème :

  • sur le plan quantitatif : on peut considérer, en l'absence de statistiques précises, que seul un segment marginal de population, qui ne dépasse sans doute pas 10 ou 15 %, connaît des problèmes d'accès au crédit ;
  • et sur le plan qualitatif : les crédits consentis se révèlent parfois inadaptés aux besoins du demandeur, avec des conséquences importantes et dommageables en termes de surcoût et de risque de défaillance.

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