SCAN DES BANQUES
Tous les deux ans, FairFin et Financité passent au peigne fin les politiques d'investissement des banques opérant en Belgique. L’analyse se concentre sur les grandes banques qui ont le plus de client·e·s et sur un certain nombre de petits acteurs durables. Les banques sont étudiées sur dix thèmes, allant du changement climatique et des droits humains, en passant par l'évasion fiscale et la corruption. Pour établir le Scan des banques, nous examinons presque exclusivement la politique d'investissement d'une banque, c'est-à-dire les conditions que les banques s'imposent à elles-mêmes. Nous vérifions leur politique sur 10 thèmes, chacun d'entre eux contribuant à la note globale de la banque. Il est donc possible qu'une banque n'ayant pas formalisé une politique d'investissement ait un mauvais score alors qu'une banque qui a établi des règles précises en la matière obtient un score supérieur alors qu'elle ne les respecte pas nécessairement. Dans le détail de chaque note, nous essayons donc de préciser si l'institution a été épinglée dans un rapport sur les investissements nuisibles ou ce qu'elle pourrait faire pour améliorer son score.
CORRUPTION
Dans une société corrompue, les personnes qui ont plus d'argent ont plus d'opportunités que celles qui en ont moins. Les secteurs de la construction et de l'armement sont particulièrement exposés à la corruption. Une bonne banque ne se livre pas à la corruption et n'aide pas ses client·e·s à blanchir de l'argent ou à verser des "pots-de-vin". En outre, elle ne fournit pas de services aux entreprises coupables de corruption.
La politique anti-corruption de Triodos Bank reste très bonne.
La corruption n’est pas tolérée parmi ses propres employés ou partenaires commerciaux potentiels. Des contrôles stricts sont également effectués sur le blanchiment d'argent, par exemple sur la base des recommandations du GAFI et des Principes de Wolfsberg. Les entreprises doivent également rendre compte de manière transparente de leurs activités de lobbying et ne peuvent pas lobby à grande échelle pour modifier les normes et lignes directrices internationales.
Il existe néanmoins une marge d'amélioration en matière de lutte contre la corruption. La banque ne demande pas à ses partenaires commerciaux de divulguer leurs bénéficiaires effectifs. Elle n'applique pas non plus de politique concernant l'absence d'influence politique. Ceci est crucial pour prévenir la corruption grâce à la transparence et aux possibilités de contrôle externe.
En matière de lutte contre la corruption, vdk banque obtient un très bon score.
La banque attend des entreprises dans lesquelles elle investit qu'elles aient des critères clairs pour lutter contre la corruption, tant dans leur politique d'achat que dans leur fonctionnement opérationnel. De plus, la banque demande de la transparence sur l'implication de ces entreprises dans les processus de prise de décision autour des normes et de la législation internationale, y compris les éventuelles activités de lobbying.
La politique anti-corruption de BNP Paribas obtient un très bon score.
BNP applique une politique de tolérance zéro à l'égard de la corruption. La banque dispose d'une politique spécifique pour prévenir les pratiques de blanchiment et le financement du terrorisme. Elle contrôle également les bénéficiaires effectifs d'une entreprise pour lutter efficacement contre la corruption.
Bien que BNP impose moins d'exigences aux entreprises externes, elle applique les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales. Ainsi, la banque s'engage à obliger les entreprises qu'elle finance à respecter les normes et la législation internationales, par exemple en matière de pratiques de lobbying. Il existe néanmoins encore une marge d'amélioration, notamment en demandant aux entreprises de communiquer sur les bénéficiaires effectifs de leur entreprise.
La politique anti-corruption de KBC est largement satisfaisante.
KBC dispose d'une politique interne anti-corruption solide. La politique est clairement et robustement structurée et offre une base solide pour gérer les risques de corruption. En matière de politique de lutte contre la corruption pour les entreprises dans lesquelles KBC investit ou auxquelles elle accorde des crédits, il reste encore des points à améliorer, comme la publication des bénéficiaires effectifs de l'entreprise.
La politique anti-corruption de Beobank obtient un score correct.
Le groupe dispose d'un dispositif anti-blanchiment qui lui permet d'obtenir un score acceptable.
La politique anti-corruption d'Argenta est largement satisfaisante.
La banque dispose d'une politique interne anti-corruption claire. Elle prend des mesures pour prévenir la corruption, les pratiques de blanchiment et le financement du terrorisme.
Une amélioration est possible dans les attentes spécifiques vis-à-vis des bénéficiaires de crédits. Ainsi, Argenta n'oblige pas les entreprises dans lesquelles elle investit ou auxquelles elle accorde des crédits à divulguer leur(s) bénéficiaire(s) effectif(s).
En matière de lutte contre la corruption, Belfius obtient un score largement satisfaisant.
Pour prévenir la corruption interne, Belfius suit les accords internationaux. Elle prend des mesures pour éviter la corruption, les pratiques de blanchiment et le financement du terrorisme. Sa politique interne a été renforcée. Ainsi, la banque rapporte maintenant sur ses pratiques de lobbying et a mis en place une politique explicite dans laquelle elle indique ne pas faire de contributions politiques.
Pour les entreprises que Belfius finance, elle s'engage aux Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales. Cela signifie que la banque exige que les entreprises rapportent sur leurs pratiques de lobbying. Il reste cependant encore des améliorations possibles, notamment en obligeant les entreprises à communiquer sur leurs bénéficiaires effectifs.
Le groupe ING dispose d'une politique anti-corruption suffisamment développée pour ses propres activités bancaires. En interne, ING applique des règles claires qui rejettent la corruption et des directives pour prévenir le blanchiment et le financement du terrorisme. Au niveau de sa propre organisation, les normes et procédures sont donc bien établies.
Bien qu'ING applique des standards stricts en interne, ceux-ci ne sont pas toujours imposés de manière aussi cohérente à ses emprunteurs. Notamment en ce qui concerne la transparence autour des pratiques de lobbying des entreprises et la divulgation des bénéficiaires effectifs, la politique peut être appliquée de manière plus stricte et explicite.
La politique anti-corruption de Crelan obtient un score insuffisant.
Bien que Crelan dise combattre le blanchiment et l'argent provenant d'activités terroristes, la politique de la banque en la matière reste trop générale pour les bénéficiaires de financement. La banque ne vérifie par exemple pas le bénéficiaire ultime des prêts accordés.