SCAN DES BANQUES
Tous les deux ans, FairFin et Financité passent au peigne fin les politiques d'investissement des banques opérant en Belgique. L’analyse se concentre sur les grandes banques qui ont le plus de client·e·s et sur un certain nombre de petits acteurs durables. Les banques sont étudiées sur dix thèmes, allant du changement climatique et des droits humains, en passant par l'évasion fiscale et la corruption. Pour établir le Scan des banques, nous examinons presque exclusivement la politique d'investissement d'une banque, c'est-à-dire les conditions que les banques s'imposent à elles-mêmes. Nous vérifions leur politique sur 10 thèmes, chacun d'entre eux contribuant à la note globale de la banque. Il est donc possible qu'une banque n'ayant pas formalisé une politique d'investissement ait un mauvais score alors qu'une banque qui a établi des règles précises en la matière obtient un score supérieur alors qu'elle ne les respecte pas nécessairement. Dans le détail de chaque note, nous essayons donc de préciser si l'institution a été épinglée dans un rapport sur les investissements nuisibles ou ce qu'elle pourrait faire pour améliorer son score.
GENRE
Chacun·e mérite des droits, des responsabilités et des opportunités égales, quel que soit son sexe. Une bonne banque applique une tolérance zéro à l'égard de la discrimination fondée sur le genre, encourage l'égalité des sexes dans les postes de direction et rémunère de la même manière les employé·e·s occupant des postes similaires et possédant la même expérience. Cela s'applique au personnel de la banque, à ses client·e·s et aux entreprises qu'elle finance.
Triodos Bank obtient un bon score en matière d'égalité des genres.
La banque applique une politique de tolérance zéro envers toute forme de discrimination fondée sur le sexe sur le lieu de travail. Elle attend également des entreprises qui obtiennent des crédits de la banque qu'elles offrent une rémunération équitable aux hommes et aux femmes. La banque garantit une participation égale, basée sur le sexe, aux postes de direction, mais cela n'est pas imposé aux entreprises auxquelles Triodos accorde des crédits.
La politique de genre de BNP Paribas obtient un score satisfaisant.
La banque tente de limiter la discrimination de genre en donnant par exemple des formations à ses employés sur les préjugés et la discrimination de genre sur le lieu de travail. BNP vise également une rémunération égale. Bien qu'il existe encore une marge d'amélioration dans la politique interne, le plus grand problème réside dans ce que la banque demande aux parties externes. Ainsi, la banque n'attend pas explicitement que les entreprises financées mettent en place des systèmes pour prévenir la discrimination de genre envers les clients. Elle n'attend pas non plus que les entreprises s'efforcent d'atteindre une représentation équilibrée avec un taux de participation de 40% de femmes dans les fonctions de direction.
KBC obtient tout juste un score satisfaisant en matière de politique de genre.
En interne, la banque prend des mesures concrètes : KBC propose des formations pour lutter contre la discrimination et les préjugés liés au genre sur le lieu de travail, et offre un développement professionnel ciblé pour donner aux femmes des chances égales d'évolution vers des postes supérieurs.
Pour les entreprises à qui des crédits sont accordés ou dans lesquelles des investissements sont réalisés, il existe encore beaucoup de marge d'amélioration. Il n'y a pas d'obligations pour une représentation égale des hommes et des femmes dans les postes de direction, ni pour la mise en place de systèmes qui préviennent ou atténuent la discrimination de genre des client·e·s.
Vdk obtient tout juste un score suffisant en matière d'égalité des genres.
La banque mène une politique active en matière d'égalité salariale et veille à ce que les employés soient rémunérés de manière égale pour un travail équivalent. De plus, la banque investit dans le développement professionnel ciblé pour offrir aux femmes des chances égales d'évolution vers des postes de direction et de niveau supérieur.
Mais la banque ne garantit actuellement pas un taux de participation de 40-60% ni un accès explicitement égal pour les femmes au sein du Conseil d'administration et des autres postes de direction. De plus, la banque n'attend pas non plus des entreprises dans lesquelles elle investit qu'elles intègrent des critères de genre et de droits des femmes dans leurs relations avec les sous-traitants et fournisseurs.
La politique de Beobank et du groupe Alliance Fédérale Crédit Mutuel est faible en matière de genre. Elle applique des mesures visant à éliminer définitivement les disparités salariales et s'assure d'avoir au moins 40% de femmes au conseil d'administration et de direction. Malheureusement, presque aucune exigence en la matière n'est demandée aux entreprises financées.
La politique de genre d'ING est insuffisante.
La banque dispose d'une bonne politique de genre interne. Elle propose des formations ciblées pour les collaborateurs afin de donner aux femmes accès à des postes supérieurs et organise des formations pour lutter contre la discrimination et les biais de genre sur le lieu de travail. Cette politique est activement appliquée et soutenue en interne.
En externe, par contre, ING n'oblige pas ses clients ou partenaires à appliquer des mesures similaires en matière de genre. L'égalité des genres n'est donc pas imposée en dehors de la propre organisation et est principalement une directive interne.
La politique de genre de Belfius est insuffisante.
En interne, la banque applique une politique relativement solide, mais les plus grandes lacunes se situent dans la politique vis-à-vis des entreprises dans lesquelles elle investit. Belfius n'oblige pas ces entreprises par exemple à proposer des formations qui luttent contre la discrimination et les préjugés de genre sur le lieu de travail, et n'impose pas non plus d'exigences pour la promotion active de l'égalité salariale.
La politique genre de Crelan est faible.
Crelan agit activement pour l'égalité salariale, contre toute forme de discrimination et a publié une charte pour l'inclusivité. Son conseil d'administration ne compte cependant que 25% de femmes. La banque possède peu de politique spécifique au genre dans l'octroi des prêts.
Argenta obtient un score insuffisant en matière de politique de genre.
La politique d'Argenta est limitée tant sur le plan interne qu'externe. Ainsi, la banque n'impose pas d'exigences aux entreprises dans lesquelles elle investit ou auxquelles elle accorde des crédits pour promouvoir activement l'égalité salariale entre hommes et femmes ou pour mettre en place des systèmes qui préviennent et atténuent la discrimination de genre envers leurs client·e·s.