Témoignages: Économie

Comment la finance peut-elle contribuer à un développement économique sain ?

Nous classifions vos commentaires dans le cadre du procès de la finance selon des grands thèmes. Y est inclus sous "économie", entre autres, la financiarisation de l'économie, l'endettement des Etats, le financement solidaire et les monnaies complémentaires.

La finance et les banques ont été créées pour générer de la monnaie là où il y a un besoin et un potentiel de croissance. La finance est aujourd'hui dévoyée et ne joue plus son rôle car elle se focalise sur le profit à court terme ou très cout terme (trading haute frequence) et non l’investissement dans l'économie réelle qui nécessite un certain temps avant d'avoir un rendement ou une croissance. Leur rôle n'a jamais été de penser au bien-être commun mais de créer du crédit là où c'est nécessaire et de créer toujours de plus en plus de crédit pour éviter une contraction de la quantité de la masse monétaire. En perdant la confiance, les banques prêtes moins, l'argent circule moins et celui-ci fini par se raréfier menant à une augmentation de la perte de confiance. La finance et les banques ne sont soumise actuellement à aucun vrai contre pouvoir efficace, ni des banques centrales, ni des états, ni des citoyens. Le dernier pouvoir qui reste au citoyen est celui de la sanction consistant à changer de banque car même le pouvoir politique à peur des menaces des banquiers de réduire encore plus les prêt et donc d'augmenter la récession. Le système est déséquilibré car il y a n'y a pas un intérêt commun entre le banquier et son client et donc pas de main invisible du marché (cf Adam Smith) qui assure un équilibre entre les différentes parties prenantes.

Comment créer un contre-pouvoir citoyen? Comment impliquer le citoyen?

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Il est évident que les banques doivent TOTALEMENT se remettre en cause. Personnellement, je suis pour le développement des monnaies alternatives et toutes les nouvelles formules qui permettront d'éviter le pouvoir sur l'argent par des institutions ou privés.
Si la finance était au service de la société, cela se saurait et la question posée deviendrait inutile. La finance déshumanise. Par ailleurs, lorsque son but est uniquement de produire de l'argent, ce dernier perd toute sa valeur sociale On parle souvent du coût du travail. ce coût se situe-il au niveau des salaires et cotisations sociales ou, en une proportion de plus en importante, au niveau des dividendes exigés ?
 
 
Pour le professionnel du Risk Management que je suis, l'entreprise, et toute organisation (même une administration...), doivent reposer sur trois pieds ; D'abord un rôle d'utilité; une organisation qui ne sert à rien n'a aucune raison d'être Ensuite un rôle économique; l'argent qu'elle produit, doit servir réellement l'économie et préparer le futur, et pas du tout à alimenter l'argent virtuel cher aux "financiers". enfin, elle doit remplir son rôle citoyen, ne pas éluder l'impôt, respecter ses collaborateurs en terme de salaire et d'emploi,et ne pas presser ou brimer ses relations, fournisseurs, clients, cocontractants ou sous-traitants, etc.
L’économie sociale a toujours eu besoin de financement pour naître et croître. Historiquement, plusieurs solutions ont été testées. Citons-en quelques-unes: autofinancement, financement par des acteurs financiers alternatifs, financement par le secteur bancaire ordinaire, et, plus récemment, crowdfunding ou apparition de l’ « impact investment » (à savoir « des investissements faits au sein d’entreprises, d’organisations et de fonds avec l’intention de générer un impact social et environnemental mesurable à côté du retour financier »).
L’apparition de cette logique et pratique peut être vue comme une illustration frappante de la financiarisation en cours, en particulier des activités sociales. L’impact investment n’est pas à rejeter a priori mais il s’agit d’être particulièrement attentif à ses dérives possibles. A savoir :
réduction de la gestion directe par le secteur public au profit d’acteurs privés ;
tendance à l’allongement des circuits de financement (fonds d’investissement) ;
pratiques, méthodes, modalités de jugement et de gestion issues de l’industrie financière ;
développement d’une industrie de la mesure ;
conformation de la gestion des entreprises à des critères extérieurs aux réalités des professionnels et des bénéficiaires ;
etc.
Au final, ces évolutions récentes posent la question de savoir si la finance est au service de la société ou si ce n’est pas plutôt le social qui est mis au secours de la finance. Une fois de plus.
 

Peux-t-on imaginer une société sans argent?

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Dans de telles conditions, si on sait mettre de côté, pourquoi ne pas revenir aux bons vieux bas de laine de nos (arrière-)grands-parents? De toute façon, si le système économique s'effondre, toute épargne sera réduite à peau de chagrin. Plus d'argent... le (vrai) bonheur, quoi!
Revenons aux fondamentaux du métier de banquier, à savoir: récolter l'épargne d'un côté et consentir du crédit de l'autre, son bénéfice étant constitué de la différence d'intérêts entre les deux. Bien entendu, il ne peut prendre aucun risque sur les crédits qu'il accorde, car on le voit mal devoir expliquer à l'épargnant que son capital a disparu... Par contre, les banquiers ont ajouté à leur métier une série de prestations peu, voire non sollicitées par leurs clients: -Depuis que la monnaie devient virtuelle, ce sont de moins en moins les Etats ou la BCE qui émettent la monnaie (en numérotant les billets), mais bien les banquiers, qui font faire le tour du monde à l'argent en à peine 3 clics de souris, sans le moindre contrôle possible des Etats nations. 10€ partent, 1000€ reviennent, personne n'a rien vu... Et l'interdiction des payements en espèces de plus de 1000€ comme en France ne va pas arranger le problème. - L'hyper trading, ou la spéculation par les machines n'a aucune justification dans l'économie réelle. c'est une hérésie. On en arrive au grand paradoxe. La finance a besoin de l'argent des épargnants et des entreprises pour fonctionner, mais elle leur impose désormais des contraintes de plus en plus intenables (plus de liquide dans les agences, plus de change, beaucoup de frais, des centaines de produits à vendre bien éloignés des préoccupations de mr et mme tout le monde, Etc...).
 
 
Lors d'un rendez-vous chez Fortis pour demander un prêt hypothécaire, j'ai demandé à l'employé à quels secteurs d'activité mon argent serait affecté. Incapable de me répondre, il m'a ri au nez et assuré que personne ne lui pose jamais ce genre de question. Cette arrogance et ce manque de transparence sont éloquents. Les banques ne sont pas au service de la société. Fonctionnant dans un but purement lucratif, elles n'ont aucune visée éthique et doivent s'assurer un maximum d'opacité. Aidons les banques éthiques comme Triodos ou NewB à se développer.
Je crois que la finance actuelle est à l'image de la société dans laquelle nous évoluons et que nous participons à créer, elle fait preuve d'un grand manque de sagesse et de valeurs humanistes. La finance n'est pas en soi bonne ou mauvaise. C'est ce que nous en faisons et laissons en faire qui pose problème, jusqu'à menacer la survie de notre espèce. Soutenue par des capacités technologiques inédites, la financiarisation de l'économie actuelle constitue une des pires nuisances pour l'humanité que l'histoire ait connu.
 
 
La finance ne tient plus assez bien son rôle qui devrait être d'accompagner les entrepreneurs dans l'économie réelle et de garantir la sécurité des fonds des particuliers. Les dérives spéculatives, l'éloignement de plus en plus criant du système financier par rapport à l'économie réelle et une réglementation insuffisante du système financier nuisent à la société et accentuent ses problèmes sociaux, économiques et environnementaux. J'aimerais que le système financier soit beaucoup plus réglementé et transparant, que les activités spéculatives soient controlées par un organisme indépendant et qu'elles soient complètement disociées des activités bancaires classiques.
La finance est essentiellement orientée vers elle-même. Les petits épargnants ne sont pas un centre de préoccupation, même si leurs dépôts sur des comptes d'épargne presque pas rémunérés sont in fine fort intéressants pour les banques. Certaines d'entre elles cultivent toutefois à nouveau une image d'intérêt général, comme Belfius, qui (re)met actuellement en avant son rôle d'institution de crédit auprès des collectivités publiques. C'est l'éternel retour du balancier : jadis, la Caisse Générale d'Epargne et de Retraite avait clairement des objectifs d'intérêt collectif. Idem pour le Crédit Communal. Il semble clair que le petit épargnant souhaite que son épargne puisse rejoindre un ensemble qui lui donne force et sens... De même qu'il manque en Wallonie une institution de crédit aux PME prête à prendre un peu de risques...