Développement durable au Maroc

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17/12/2011
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Auteur(s): 

Editeur: 

Réseau Financité, (ex- Réseau Financement Alternatif)

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Si les apports pécuniaires peuvent apporter une aide à court terme, ils comblent rarement les besoins durables. À Anvers, l'ASBL Imane a créé un vrai système de finance solidaire à destination du Maroc.

En bref :

  • L'association Imane récolte en Belgique des fonds qu'elle envoie au Maroc.
  • Cet argent sert à alimenter une coopérative économique locale.
  • L'objectif est de rendre cette coopérative autosuffisante.

La communauté marocaine de Belgique garde de fortes attaches avec sa région d'origine. En fait, 80 % des Marocains de Belgique sont des Berbères, tous issus de la même région du nord-est du Maroc. Mohamed Bouziani habite Anvers. Voici plus de dix ans, il a créé avec quelques amis l'ASBL Imane, dont l'objectif premier était de récolter des fonds pour les envoyer dans les villages dont ils sont originaires. Rapidement, il s'est rendu compte que cet argent n'apportait pas que de bonnes choses. Il créait une certaine forme de dépendance et ne réglait en aucune manière le problème de ces villages, victimes de l'exode de ses habitants en quête d'un avenir meilleur. Les responsables d'Imane décidèrent donc d'investir l'argent plutôt que de le « donner » aux villageois. L'ASBL a ainsi financé des travaux destinés à répondre à quelques-uns des besoins les plus importants des habitants, comme la création d'un centre de santé régional et une structure d’approvisionnement des villages en eau. Très rapidement, l'ASBL Imane fait le constat que le développement des infrastructures doit aller de pair avec des rentrées d'argent pour les habitants. Imane crée alors sur place une coopérative dans laquelle est investit l'argent des Marocains émigrés. Les villageois y sont associés et deviennent membres de la coopérative en échange d'un petit montant. L'argent récolté a permis de développer l'apiculture en investissant dans des ruches supplémentaires. Le nombre de ruches en activité est passé de 20 à 800. La coopérative s'est ensuite lancée dans la production d'huile d'olive. Elle a reçu d'une ONG les oliviers et la presse à huile. Les membres de la coopérative louent cette dernière pour presser leur récolte. Les revenus de la location permettent à la coopérative de racheter des terrains où planter de nouveaux oliviers. Le dernier programme en date est un programme d'alphabétisation. Le salaire du professeur est pour l’instant essentiellement payé par l'ASBL Imane, mais l'objectif à terme est que la part payée par la coopérative augmente.Cette forme d'aide entre citoyens du Nord et citoyens du Sud – plus basée sur la coopération au développement que sur l'envoi direct d'argent – a l'avantage de permettre un développement durable pour les personnes du Sud. Par contre, elle exige certainement beaucoup plus d'efforts, d'implication et de temps aux migrants. À l'heure actuelle, il n'existe en Belgique aucune structure fédératrice qui mettrait en lien des associations d’allochtones voulant développer des projets socio-économiques dans leur pays d'origine et des projets communautaires dans le Sud. Un tel dispositif permettrait aux personnes belges – d'origine étrangère ou non – d'envoyer de l'argent pour une aide au développement liée à des zones géographiques précises.
www.imane.be

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