Douze milliards de dollars. C'est le montant des crédits qu'ING a mis à disposition de l'industrie fossile en 2025, selon une nouvelle analyse de FairFin. La banque néerlandaise devient ainsi le premier financier du secteur parmi les établissements actifs en Belgique. Pour arriver à ce constat, FairFin s'est appuyée sur les données du rapport international Banking on Climate Chaos 2026. Ce rapport recense les liens financiers entre les plus grandes banques de la planète et l'industrie du charbon, du pétrole et du gaz entre 2021 et 2025.
Résultat, en 2025, les banques opérant en Belgique ont collectivement accordé 22,7 milliards de dollars de prêts à l’industrie des énergies fossiles. Sur l’ensemble de la période 2021-2025, ce montant s’est élevé à 134 milliards de dollars.
Dans le cas d’ING, c’est surtout l’évolution qui interpelle. ING a prêté 12,3 milliards de dollars à l’industrie fossile en 2021 et 12 milliards en 2025. En cinq ans, presque rien n'a changé.
Cela contraste fortement avec l’évolution observée chez d’autres grands groupes bancaires internationaux. Par exemple, BNP Paribas, dont le total du bilan est pourtant supérieur à celui d’ING, a réduit de moitié ses prêts annuels au secteur des énergies fossiles au cours de la même période, passant de 20,5 milliards de dollars à 10,0 milliards de dollars.
Le constat est d'autant plus gênant qu'ING affiche publiquement son objectif de ramener à zéro, d'ici 2040, le financement de l'exploration et de la production de pétrole et de gaz. En attendant, la banque continue de soutenir les entreprises qui développent de nouveaux projets et de nouvelles infrastructures fossiles. Ces « expansionnistes » ont reçu 5,3 milliards de dollars de crédits de la banque en 2021, et encore 5,1 milliards en 2025. Dans le même temps, BNP Paribas a réduit ce poste de 9 à 3,5 milliards. Crédit Mutuel, la maison mère de Beobank, l'a divisé par deux, et KBC y a totalement mis fin l'an dernier.
Parmi les clients d'ING figurent aussi des géants du charbon, comme Glencore et Teck Resources. Dans la vallée de l'Elk, au Canada, leurs mines sont pointées du doigt pour la pollution sévère de l’air et des rivières de la région.
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