Regarder l’économie avec des lunettes de genre n’est pas un « plus ». Les travaux primés lors de cette journée sur le thème « Genre et économie » l’ont prouvé. Juliette Gilman (Université libre de Bruxelles) a d’abord présenté son projet de recherche intitulé Relire le droit de la sécurité sociale belge sous le prisme du genre. Sa thèse étudie l'effet des nouvelles mesures de la sécurité sociale sur les femmes et son le travail permettra d’objectiver et chiffrer comment une mesure qui peut sembler neutre a en réalité un impact bien plus important sur les femmes.
Chiara Giordano (Université libre de Bruxelles) a ensuite présenté sa recherche sur les femmes migrantes irrégulières dans le secteur du soin aux personnes âgées à Bruxelles. Son travail a donné lieu au documentaire Auprès d’elle, réalisé avec le Gsara, qui montre la réalité des travailleuses, pour la majorité migrantes ou d’origine étrangère, qui s’occupent de personnes âgées à leur domicile.
Enfin, Natacha Bastiat-Jarosz et Florence Degrave (UCLouvain) ont donné un aperçu de leur recherche sur l’entrepreunariat féministe. Comment ces entreprises négocient-elles avec un système oppressif comme le capitalisme ? S’agit-il d’une
forme d’activisme ?
Les recherches présentées dans la matinée montrent que les femmes sont le plus souvent victimes de violences économiques. Ces violences sont structurelles, comme le montrent le travail de Juliette Gilman et Chiara Giordano. Certaines
femmes décident de créer leur entreprise féministe en réponse à ces violences. La recherche de Natacha Bastiat-Jarosz et Florence Degrave montre que trois quart des personnes interrogées citent des expériences de marginalisation comme raison principale de créer leur entreprise, pas l’argent, pas le profit.
Ces travaux raisonnent particulièrement avec le travail de Financité. Nous le répétons souvent : les inégalités de genre ne sont pas abstraites, elles se vivent au quotidien, y compris dans la sphère intime, elles passent aussi par l'argent. Nos ateliers d’autodéfense financière féminine ont pour but d’outiller les femmes pour prendre le contrôle de leur argent et éviter d’être victime de violences économiques, au moins au sein du couple. Cette remise des prix organisée par le Comité Femmes et Sciences était donc l’occasion parfaite de créer des ponts entre la recherche académique et la société civile.
Pour aller plus loin
Découvrez les travaux primés sur le site du Comité femmes & sciences