Toute l’année, les banque sont censées suivre l’évolution des risques climatique. Pas que la Banque centrale européenne se préoccupe particulièrement du fait qu’elles ne fassent pas des investissements qui détruiront la planète. Ce qui intéresse l’institution qui les supervise, c’est avant tout la stabilité financière. Le climat est un « risque ». Un risque physique, comme des inondations, la pollution, la sécheresse ou la biodiversité. Imaginez une usine qui perd son bâtiment dans eaux torrentielles ou une exploitation agricole qui ne reçoit pas une goutte de pluie. Le risque peut aussi être « de transition », c’est-à-dire les nouvelles réglementations ou technologies qui pourraient avec un impact sur les investissements de la banque et donc sur la stabilité financière.
Ce que la BCE reproche au Crédit Agricole, c’est de ne pas avoir donné suite à sa demande datant de février 2024. L’institution de Francfort lui demandait de renforcer son évaluation des risques climatiques et environnementaux. Elle avait jusque mai 2024 pour s’exécuter et la banque n’a pas respecter ce délai.
Les banques avaient en effet été priées d’évaluer les impacts des risques environnementaux et climatiques sur leurs activités, puis d’inclure ces informations dans la façon dont elles accordent des crédits ou financent une entreprise, par exemple.
Ce n’est pas la première fois que la BCE impose une sanction financière à une banque. Mais le groupe mutualiste est la première banque française visée pour la surveillance des risques liés au climat et à l’environnement. Jusqu’ici, le motif des astreintes concernait plutôt les exigences de capital trop faibles ou des risques de crédit mal évalués. En sanctionnant le Crédit Agricole, la Banque centrale européenne acte concrètement le lien entre le risque climatique et la stabilité financière de la zone euro.
Pour le Crédit Agricole, cette demande nécessitait un niveau de données importants et des travaux lourds qui n’ont juste pas pu être réalisés dans les temps. Une sanction « purement » administrative, donc, et pas un manque de volonté. Dommage quand même qu’il ait fallu attendre que la Banque centrale européenne vienne parler de risques financiers et oblige les banques à les prendre en compte pour qu'elles s’inquiètent des effets climatiques. Arrêter de soutenir l’expansion des énergies fossiles, n’est visiblement qu’une question d’argent.
La question de la semaine
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