Belfius n'est pas une banque comme les autres : elle appartient à l'État belge, donc à nous, citoyen·ne·s. Pourtant, la banque publique se comporte comme n'importe quelle banque commerciale, sans assumer la responsabilité particulière que son statut devrait lui imposer.
La société fédérale des participations et d'investissement (SFPIM) vient de lancer la procédure de vente d’une partie de Belfius (jusqu’à 20%). Les parties intéressées ont jusqu’à vendredi prochain pour se manifester, mais en attendant, Belfius est toujours à nous.
Début 2026, Belfius a fait un pari inhabituel pour une banque : organiser une véritable assemblée citoyenne sur la confiance dans la digitalisation bancaire. Pas un sondage, pas un panel marketing — un vrai exercice de démocratie délibérative, confié à G1000, la plateforme belge d'innovation démocratique. 75 personnes tirées au sort, représentatives de la population, ont planché pendant trois week-ends entre fin février et fin avril pour formuler leurs propres recommandations.
Pendant l'un de ces week-ends, nous avons partagé avec les citoyen·ne·s tiré·e·s au sort ce que notre Rapport sur l’inclusion financière documente depuis des années : les fermetures d'agences qui isolent des quartiers entiers, les distributeurs qui disparaissent, le service bancaire de base qui explose, les personnes âgées ou peu digitalisées laissées de côté par la course au tout-numérique. Nous avons mis nos chiffres et notre expérience de terrain au service de leur réflexion. Des citoyen·ne·s ordinaires, sans mandat d'aucune banque ni d'aucune ONG ont tranché ce qu'ils et elles attendent vraiment d'une banque publique à l'ère du numérique.
Aujourd’hui, leurs travaux aboutissent à 20 recommandations concrètes. Elles s’articulent autour de trois grands enjeux : lutter contre la fraude, garantir des services bancaires accissibles, compréhensibles et inclusifs ainsi qu’accroître la transparence ainsi que la participation citoyenne. Et jusqu’au 30 juin, l’ensemble de la population peut se prononcer sur ces recommandations.
Quelles propositions vous semblent les plus importantes ? Quelles recommandations les banques devraient-elles mettre en œuvre en priorité ? Tout le monde a désormais l’occasion de se prononcer sur ces propositions et donner au secteur bancaire une indication sur les priorités du grand public. Plus il y aura de voix, plus Belfius aura du mal à ranger ces recommandations dans un tiroir.